Rusland, Tsjetsjenië en onafhankelijke verslaggeving

"Le mystérieux 'empoisonnement' de la journaliste Anna Politkovskaïa

Jeudi 2 septembre , alors que le millier d'otages retenus par un commando armé dans l'école "Numéro un" de Beslan vivait une deuxième journée de calvaire, deux journalistes russes, familiers du conflit tchétchène, décident de se rendre sur les lieux du drame, dans l'espoir de servir de médiateur entre le commando et les autorités.

Journaliste à Novaïa Gazeta, l'un des rares médias russes critiques du pouvoir, Anna Politkovskaïa, qui avait joué ce rôle lors de la prise d'otages du théâtre de la Doubrovka, cherche à prendre le même avion que le docteur Leonid Rochal, éminent pédiatre – et gradé du FSB – dont la médiation avait été acceptée. En vain, on ne la laisse pas passer. La troisième tentative est la bonne, elle réussit à se glisser dans un vol pour Rostov, grosse ville du sud de la Fédération russe.

Dans l'avion, après avoir bu un thé, elle fait un malaise. A l'hôpital de Rostov, les médecins diagnostiquent une infection intestinale aiguë. Elle rentre alors à Moscou pour se faire soigner. Que s'est-il passé ? Malaise ou empoisonnement ? Le mystère demeure. Certains, à la rédaction de son journal, comparent son histoire avec celle de son collègue, Iouri Chtchekotchikhine, décédé en juillet 2003 dans un hôpital moscovite, dix jours après y avoir été admis dans le coma.

Député, membre d'une commission d'enquête sur les attentats de 1999 – lorsqu'à Moscou et au sud de la Russie, des immeubles furent soufflés par des explosions, emportant les vies de 300 civils et servant de prétexte au lancement de la seconde guerre tchétchène – Iouri Chtchekotchikhine est décédé mystérieusement. Rien ne permet, à ce jour, d'affirmer avec certitude qu'il a été empoisonné. Rien ne peut être affirmé non plus sur les auteurs des attentats de 1999 et il est probable que personne ne saura jamais ce qui s'est passé avec Anna Politkovskaïa.

ANDREÏ BABITSKI A ÉTÉ ARRÊTÉ

Ce même jour, le 2 septembre, Andreï Babitski, un journaliste de Radio Svoboda (le service russe de Radio Liberty financée par le Congrès américain à l'époque de la guerre froide pour diffuser sur le territoire soviétique), un connaisseur de la problématique tchétchène, se rend lui aussi à l'aéroport moscovite de Vnoukovo. Il compte s'envoler vers le lieu du drame. Par le passé, Andreï a longtemps travaillé en Tchétchénie, couvrant les deux guerres pour sa rédaction.

Comme il est l'un des rares journalistes à être resté dans l'enfer de Grozny bombardée, il rend compte des souffrances des civils – dont de nombreux retraités russes – terrés dans les caves sous le feu incessant des forces fédérales. A l'hiver 2000, peu après la chute de la ville que les combattants ont fini par laisser aux forces russes, il est arrêté par l'armée russe puis officiellement échangé à des "bandits tchétchènes" en échange de soldats russes, selon une mise en scène orchestrée par le FSB.

Mais très vite, ce 2 septembre, Andreï apprend qu'il ne peut pas voler. Son sac, lui explique la police de l'aéroport, a été flairé par les chiens chargés de détecter les explosifs. Andreï doit se rendre au poste où lui et ses affaires sont fouillés. Comme il n'y a pas d'explosifs, il est relâché. Mais les choses se gâtent à sa sortie du poste de police lorsqu'il est vivement pris à partie par deux jeunes habillés en civil.

Cette altercation le ramène au poste de police où il est bientôt accusé de hooliganisme et risque quinze jours de prison. Malgré ses protestations – il n'est pas blessé et ne veut pas d'un examen médical – il est examiné, gardé à vue puis présenté le jour suivant au tribunal de Solntsevo à Moscou.

Ainsi pour des raisons différentes, ni l'un ni l'autre des deux journalistes n'ont pu se rendre à Beslan. Visiblement, non seulement leur médiation n'était pas souhaitée, mais leur simple présence sur les lieux de la prise d'otages était exclue. Sans doute les autorités russes, qui avaient déjà tranché en faveur de l'assaut – comme tend à l'indiquer la grande concentration de forces et de matériel militaire autour de l'école ces jours-là – ne souhaitaient pas être gênées par ces indésirables qui avaient dans l'idée de négocier.

M. Jé."

Le Monde

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